
Les championnats de France du contre-la-montre ont consacré des multi-récidivistes, ce jeudi à Semur-en Auxois. Peu après la victoire de l'inoxydable Jeannie Longo (49 ans...), Sylvain Chavanel (Cofidis, Photo L'Equipe), déjà vainqueur cette épreuve en 2005 et 2006, a repris «son» bien en 53'15''. De quoi (presque) lui donner des regrets : «C'est vrai que j'ai un peu de regret par rapport à l'an dernier car j'aurais peut-être pu faire quatre d'affilée...» En terre de Bourgogne, Chavanel a pris de l'avance dès le premier temps intermédiaire, pour ne jamais la perdre. «Il fallait bien que je conforte mon statut de favori, poursuivait le coureur de la Cofidis.
J'ai déjà gagner avec plus d'écart mais là, une minute et vingt
secondes d'avance sur le deuxième, c'est très bien vu le type de
parcours, avec peu de changements de rythme.»
Médaillé d'argent, Christophe Kern reconnaît la suprématie du vainqueur du jour : «Sylvain
est vraiment au-dessus du lot. Avec un tel écart à l'arrivée, un
gouffre, je n'ai pas à regretter de ne pas avoir gagné. Je suis
vraiment content de cette récompense car en début de saison, j'avais un
peu galéré et j'avais un peu perdu la confiance de l'équipe.» Chavanel fait décidement l'unanimité chez ses adversaires puisque Noan Lelarge, troisième, tient le même discours : «On
ne peut pas jouer avec Sylvain ! Moi, en ce qui me concerne, j'étais à
bloc. Cela fait un mois et demi que je prépare ce contre-la-montre.
Secrètement, je rêvais d'une place dans les cinq premiers alors avec un
podium, je suis comblé. Etre sur le podium avec deux supers rouleurs,
c'est un vrai plaisir.»
La déception est venu du tenant du titre, Benoît Vaugrenard (Française des Jeux), qui se classe à une modeste 22ème place avec
4'19'' de retard sur Chavanel. Dimanche, les coureurs ont de nouveau
rendez-vous dimanche pour la course sur route. «Ce sera difficile car il y a beaucoup de Français en forme, prévient Sylvain Chavanel, qui visiera malgré tout le doublé. A tout prendre, je préfèrerais le titre de dimanche car c'est un maillot qu'on peut porter toute l'année.» (Avec AFP)
Jeannie Longo est championne de France du contre-la-montre: «Je ne pensais pas que je
ferais une telle différence sur un parcours si court et assez
technique. J'étais pessimiste jusqu'à récemment car j'avais été victime
d'une mauvaise chute il y a trois semaines au Canada, mais c'est revenu
petit à petit. Mon objectif, c'était de représenter la France au jeux
Olympiques. Maintenant, prétendre à un podium, ça va vraiment être dur.
Si je finissais dans les cinq premières à Pékin, je serais déjà
contente. (A propos de son 53e titre) Ce n'est pas une émotion
particulière, par contre il y a plus d'émotion par rapport au fait que
cette victoire me permet d'aller aux jeux Olympiques.»
Maryline Salvetat (2e et championne de France sortante): «Cela ne va pas m'empêcher de
dormir d'avoir été battue par Jeannie. Je savais bien qu'elle allait
m'atomiser sur ce type de parcours. L'an dernier, le parcours bien plus
technique m'avantageait. Là, Jeannie était au-dessus du lot. Quand j'ai
passé la ligne, j'avais mal partout, j'ai donné le maximum. Le maillot
ne m'était tout simplement pas destiné. Il faut savoir reconnaître la
valeur des gens.»
Edwige Pitel (3e): «Je savais que
Jeannie s'était beaucoup entraînée cet hiver et qu'elle allait arriver
fort aux Championnats de France. Moi je me suis blessée cet hiver, je
n'ai pas pu m'entraîner correctement. J'ai seulement trois mois
d'entraînement dans les jambes, je ne suis pas au niveau des années
précédentes. (A propos de la sélection olympiques) Ce serait logique
que ça soit nous trois (Longo, Salvetat et elle-même) qui allions aux
Jeux.» (AFP)